Coups de cœur

Serena Gili

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Pour cette nouvelle interview, nous avons choisi de vous parler de la belle et talentueuse Serena, jeune styliste fraîchement diplômée de la Central Saint-Martins. Elle fait partie de ces gens qui ont soif de culture et qui s’en servent habilement pour leurs créations.

Nous sommes littéralement tombées amoureuses de sa collection BA, et nous avons donc tout simplement voulu vous faire partager ce coup de cœur  ;)

Let’s go…

Peux-tu nous parler de ton parcours ?
J’ai commencé par étudier à Duperré en design de mode à Paris , puis je suis allée à la Central Saint-Martins pour faire un BA Fashion Design with Knitwear, en 3 ans, avec en plus une année de stage (donc quatre ans au total). J’ai fait plusieurs stages pendant cette période: à Paris, New york et Londres. Puis j’ai continué par un Master en design de Mode de 18 mois dans la même école, sous la direction de Louise Wilson.

Tu en es où maintenant ? Tes projets futurs ?
Je suis en transition, car ces dernières années ont été très intenses, je suis contente d’être rentrée à Paris, de pouvoir faire des expos, de lire, de profiter, de m’inspirer. Quand maintenant je vais à Londres je peux vraiment en profiter aussi, visiter, faire des musées, regarder… ce que je n’ai pas vraiment eu le temps de faire ces dernières années.

Que veux tu faire plus tard ?
A priori j’aimerais vraiment monter ma boîte tout en bossant en free-lance à côté. Mais je pourrais aussi très bien travailler pour une boîte que j’admire. Je suis heureuse, tant que j’apprends, quelque part il n’y a pas de mauvaises réponses.

Quelles sont tes sources d’inspiration ? Comment organises-tu ?
Cela dépend des années, il y a des contextes très différents. Pour ma collection en BA par exemple, c’était basé sur le contrôle et la discipline, je lisais des livres de Michel Foucault (Surveiller et Punir) j’écoutais de l’opéra tout le temps, Joby Talbot, Path of Miracles a été ma playlist pendant 1 an, je ne pouvais rien écouter d’autre, les autres musiques m’agressaient. j’ai eu une obsession sur la religion, les règles, la discipline… Je me suis vraiment créé un univers autour de tout ça, je portais des chemises boutonnées jusqu’au cou, des barrettes dans les cheveux, je me couchais tous les soirs à la même heure, c’était un vrai exercice… En parallèle, je passais des heures à enfiler des perles pour tricoter mes hauts, c’était un travail extrêmement minutieux, qui demandait beaucoup de patience et de rigueur.
Au travers de lectures, de musiques de films, d’images, je me construit un univers visuel et sonore. Quand tu évolues dans une classe de gens avec des univers très forts, je pense qu’il faut se créer un monde suffisamment fort pour ne pas se sentir distrait par ce qui se passe autour de soi. Il y a deux ans que j’étais tellement passionnée par mon sujet que je ne mettais même pas rendue compte avant le défilé de fin d’année de ce que les autres personnes avaient fait et c’était absolument magnifique. C’est plutôt positif car cela permet de ne pas s’empoisonner l’esprit avec ce qui se passe autour de soi. Quand on fait une collection, Il n’y a pas temps à perdre, il faut être concentré et passionné.

Parle-nous de tes mentors.
Oui bien sûr, Jean-Paul Gaultier, Christian Lacroix, Hussein Chalayan, Alexander Mc Queen, Karl Lagerfeld. Je viens d’ailleurs de voir l’exposition de Jean Paul Gaultier au Barbican à Londres, et c’est absolument incroyable, chaque vêtement est fait avec tellement d’amour et d’attention…

Comment définirais-tu ton style ?
J’ai évolué pendant 6 ans à Londres, et je me suis rendue compte que mon style était français par rapport au style des autres, ce qui se traduirait par plus de féminité, de raffinement et d’élégance. À Paris, en mode, on évolue dans le beau, la haute couture, à Londres, tout est super cool… L’environnement de la Central Saint-Martins a définitivement influencé mon travail, dans un sens très positif : la liberté de travail et le mélange de cultures est ce qui a fait mon apprentissage. La culture du ‘cool’ était aussi très nouvelle pour moi.

Ton petit ami, Maxime Bruneel, a une certaine notoriété dans le motion design, plus particulièrement dans le monde de la musique. Avez-vous déjà pensé à faire une collaboration ?
On collabore au quotidien, Maxime est une source d’inspiration inépuisable. Quand il achète cinq, six livres il est rare que je ne lui en pique pas un. On regarde des films, on échange beaucoup. Il achète les livres, je ramène les magazines de mode de Londres, on échange nos films. Mes inspirations influencent les siennes, et vice versa. Mais bon, la dernière fois qu’on a fait un projet ensemble, il m’a dit qu’on était pas faits pour travailler ensemble…
Maxime Bruneel : www.maximebruneel.com

Parles-nous de tes dernières collections.
Ma collection de BA était principalement tournée vers le contrôle, la disciple, les règles, ce qui a inspiré ces jupes en résine rigide qui restreignent le corps, et obligent les mannequins à marcher lentement, les mains dans la même position. Les hauts sont inspirés des plastrons de nonnes. En ce qui concerne ma collection de MA, le temps de création de la collection est beaucoup plus court. En BA on a 2 ans pour développer des idées, et la 3ème est un peu le résultat de ce développement, alors qu’en MA, il faut déjà avoir une idée bien précise de ce que l’on souhaite exprimer en tant qu’individu. Ma collection de MA est un développement du BA, mais il reflète ma personnalité à ce moment donné, avec des inspirations bien plus sombres, S&M et Punk.

Quel est ton rêve, le truc qui te fait rêver ?
Ce qui m’intéresse c’est de travailler avec des gens excitants, avec des artistes que j’admire , pas obligatoirement dans le milieu de la mode.

Si tu devais faire autre chose dans la vie ?
Je n’ai pas forcément de choses précises en tête mais peut-être par rapport à une réflexion sur notre mode vie. Je trouve que l’on fait des métiers difficiles, qui demandent un investissement personnel important, ce qui laisse peu de place au reste. J’ai passé trois ans à travailler non-stop, je n’ai plus aucune vie sociale, je ne vois plus mes amis et quand je finis une collection, je penses déjà à la prochaine. Les réseaux sociaux ont également une forte influence en ce qui concerne la rapidité avec laquelle les designers doivent constamment produire de nouvelles idées. Donc peut-être un métier en rapport avec la terre, respecter son corps, et l’environnement.

Des conseils pour les gens qui veulent suivre ta voie ?
Il y a beaucoup de possibilités en mode. Je recommande la Central Saint-Martins, c’est unique.

D’où te vient ta fibre artistique ? De ta famille ?
Le milieu dans lequel j’ai été élevée. J’ai grandi avec ma mère et mon beau-père. Mon beau-père est mosaïste et ma mère peintre/mosaïste. L’atelier fait partie de la maison. Mon père est historien de cinéma italien, ma grand mère est agent artistique en musique classique. Grandir dans un environnement où il y a un espace de création à l’intérieur de la maison, c’est une continuité assez logique. Ma famille m’inspire beaucoup dans mon travail, la mosaïque est retranscrite par des travaux de perle minutieux, le cinéma est une source d’inspiration continuelle, et j’écoute beaucoup de musique dite classique quand je travaille, ma grand-mère étant mon premier fournisseur de disques d’artistes qu’elle représente. Lorsque j’ai des doutes pendant les périodes de recherche, je fais entièrement confiance à ma mère pour me rediriger.

Tu es plutôt girly paillette ou punk à chien ?
Je dirais punk à paillette :)

Qu’est ce que tu apportes toujours avec toi, dont tu ne peux pas te passer ?
Un paquet d’amandes et un livre. J’étais le distributeur officiel d’amandes en Master… Vu que je pars le matin et que je sais jamais comment la journée va se passer, ou quand je vais avoir une pause, c’est parfait…



www.serenagili.com

Crédits photos : Wild honey, Richard Ashforth for Saco Hair, Central Saint Martin. 

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